Mederdra célèbre sa renaissance culturelle : un festival international couronné de succès

Mederdra –La première édition du Festival culturel international de Mederdra a non seulement rencontré un vif succès populaire, mais elle a également redonné à la ville historique son statut de phare culturel. Derrière cette réussite éclatante, une préparation minutieuse et visionnaire portée par un comité d’organisation dévoué.
Sous la présidence d’un éminent docteur Mohamed Salem Ould Soufi, un groupe d’intellectuels et de passionnés de la localité a orchestré l’événement avec une rigueur exemplaire, ne laissant aucun détail au hasard. Leur ambition ? Offrir une vitrine complète et authentique de l’âme de Mederdra. Pour ce faire, ils ont structuré le festival autour de piliers fondamentaux : la glorification du djihad, le tournoi Legweichichi aux tirs à la cible, les expressions culturelles et artistiques, l’artisanat local, les richesses de la musique et de la danse populaires, les savoirs ancestraux de la médecine traditionnelle, sans oublier l’art culinaire régional. Cette approche holistique a permis de capturer l’essence même de l’identité iguidienne.
Cette première édition du Festival Culturel International de Mederdra s’est achevée sur un constat unanime : un triomphe. Bien plus qu’un simple événement, cette manifestation a été une reconquête, une affirmation solennelle du statut de capitale culturelle qui fut jadis celui de cette ville, cœur historique de l’émirat du Trarza et berceau de la civilisation iguidienne.
Le succès populaire et la profondeur intellectuelle de ce rendez-vous ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont l’aboutissement d’une mobilisation sans précédent et d’une préparation méticuleuse, conduite avec une vision claire par un comité d’organisation de haut vol. Reconnu pour son engagement en faveur du patrimoine, un collectif d’intellectuels, d’artistes et de cadres de la ville a œuvré pendant des mois avec une rigueur de maître d’œuvre. Leur mantra : l’excellence et l’exhaustivité. Leur mission : orchestrer une célébration totale de l’identité de Mederdra, où chaque détail contribuerait à la restitution fidèle de son âme.
Cette ambition s’est traduite par une programmation savamment architecturée autour des piliers fondamentaux de la culture régionale. Les visiteurs ont ainsi pu s’immerger dans un parcours sensoriel et intellectuel complet :
• L’artisanat local y a été exposé dans toute sa finesse, des tissages aux ouvrages du cuir, témoignant d’un savoir-faire transmis de génération en génération.
• La musique et la danse populaires ont fait vibrer les nuits, des rythmes ancestraux du tidinit aux mélodies poignantes des griots, rappelant la centralité de l’art oral.
• La médecine traditionnelle a fait l’objet de démonstrations et de discussions savantes, réhabilitant des pharmacopées et des pratiques ancestrales dans un dialogue avec la science moderne.
• L’art culinaire a été célébré comme un patrimoine à part entière, avec des ateliers et des dégustations mettant à l’honneur les saveurs et les techniques uniques de la région.
Cette approche holistique a créé une synergie rare. Les conférences d’historiens venaient éclairer les motifs des tapis exposés ; les performances poétiques dialoguaient avec les senteurs des mets préparés ; les panels sur la transmission des savoirs trouvaient un écho direct dans les gestes précis des artisans. Chaque stand, chaque scène, chaque débat résonnait comme une pièce d’un même puzzle, reconstituant avec éclat la mosaïque culturelle de Mederdra.
Au-delà de la célébration, l’événement a fonctionné comme un puissant catalyseur social. Il a matérialisé l’unité retrouvée des enfants de Mederdra. Venus de Nouakchott, des autres wilayas et de la diaspora lointaine, ils ont convergé vers leur terroir, mus par une fierté commune et un désir partagé de servir leur communauté. Ce festival a été leur œuvre collective, démontrant que la culture est le ciment le plus solide pour bâtir l’avenir.
En valorisant avec un tel soin son héritage tout en l’animant d’une dynamique résolument contemporaine, Mederdra a envoyé un message fort à toute la Mauritanie. Elle a prouvé que la culture n’est ni un folklore figé ni un simple divertissement, mais bien un levier de développement durable. Elle est un pont entre les générations, un espace de dignité et de reconnaissance, et le socle sur lequel peut se construire une prospérité partagée.
Par ce coup de maître inaugural, magistralement orchestré, Mederdra n’a pas seulement honoré la mémoire de ses ancêtres. Elle a tracé, avec audace et précision, la voie de son propre futur. La culture, ici, a cessé d’être une relique du passé ; elle est désormais une promesse vivante et le moteur d’une renaissance attendue. Le phare du Trarza est rallumé.
Seyid Mohamed Beibakar