Afrique de l’Ouest : la Mauritanie comme point d’accès pour l’électricité algérienne

L’Algérie Aujourd’hui - L’intégration du marché de l’électricité des pays de l’Afrique de l’Ouest pour l’Algérie se dessine à l’horizon. Il s’agit d’une nouvelle niche permettant d’accroître les exportations du pays en la matière, en suivant la tendance haussière de la demande sur l’électricité dans la région.

Dans ce sens, la Mauritanie serait désormais la nouvelle plate-forme d’entrée sur le marché de l’électricité des pays de la CEDEAO qui ont déjà affiché leur volonté de s’approvisionner depuis l’Algérie en cette ressource de l’énergie.

Intervenant à l’occasion de la première réunion de la commission parlementaire algéro-mauritanienne, le député mauritanien Zini Mohamed El Hadi évoque une série de projets en cours de réalisation visant à renforcer la coopération énergétique reliant l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.

Il souligne dans ce sens le soutien de l’Algérie à la réalisation de « projets de raccordement vitaux », tels que la ligne Tindouf-Zouerate en fibre optique et la ligne électrique de haute tension, et la ligne Zouerate-Nouakchott, ainsi que ses prolongements vers les grandes villes de la région qui sont déjà interconnectées par un réseau électrique performant », explique-t-il.

Selon ce dernier, « les projets en cours de réalisation seront prêts dans moins de deux ans, qui relieront Nema, Bamako, Rosso et Dakar, qui aboutiront à la création d’un réseau énergétique intégré », a-t-il souligné.

Dans ce sillage, le député mauritanien estime que ces projets seront d’un incommensurable apport à la sécurité énergétique régionale en plaidant pour le renforcement de l’intégration entre les marchés africains de l’électricité en œuvrant à la création d’un corridor énergétique reliant l’Algérie à la Mauritanie en passant par Zouerate jusqu’à Nouakchott.

En fait, le marché de l’électricité de l’Afrique de l’Ouest représente une opportunité pour la Sonelgaz d’étendre son portefeuille client en élargissant sa présence dans la région. Le groupe a déjà mis le paquet dans le développement et la modernisation de son réseau sud de haute tension dans le cadre de ses préparatifs pour la conquête de nouveaux marchés sur le continent.

Il s’agit d’une démarche inscrite dans le cadre du plan de développement du groupe pour les années à venir. Un investissement de 400 milliards de dinars a déjà été débloqué pour accompagner cette ambition exprimée pour le renforcement de ses exportations en la matière.

Par ailleurs, la demande sur les produits énergétiques algériens ne cesse de croître d’une année à l’autre, notamment pour le gaz naturel et l’électricité. Après l’UE européenne qui cherche à renforcer davantage sa coopération énergétique avec l’Algérie, les pays de l’Afrique de l’Ouest entrent en lice en ouvrant leurs portes à l’électricité algérienne.

En d’autres, les ressources énergétiques algériennes occupent aujourd’hui une place stratégique sur la scène internationale. Après le gaz qui a fortement renforcé la position stratégique de l’Algérie auprès de l’Union européenne, c’est désormais l’électricité qui suscite un intérêt croissant des pays africains.

Après la Tunisie, la Libye et l’Égypte, une forte demande sur cette ressource énergétique indispensable pour le développement économique provient de la région de l’Afrique de l’Ouest, qui veut s’appuyer sur l’Algérie pour assurer sa sécurité énergétique.